Comment négocier son salaire à l'embauche ?

Mis à jour le 14 Juin 2022

admin

La négociation du salaire est l’une des phases cruciales de l’entretien d’embauche. A moins de postuler dans la fonction publique, vous n’y couperez pas. C’est un moment qui est souvent redouté par les candidats : la négociation n’est pas un plaisir pour tout le monde, surtout quand vous vous retrouvez face à un patron ou un responsable des ressources humaines rompu à ce type de discussion. Et pourtant, vous avez toutes les cartes en main pour négocier un salaire satisfaisant à l’embauche. Voici quelques conseils très utiles pour mener à bien cette discussion.

Préparez votre négociation de salaire

La négociation de salaire est une négociation comme une autre. De ce fait, les principes de base de toute négociation s’appliquent, en premier lieu desquels, la préparation. Comment bien préparer sa négociation ? Avant de commencer à ruminer toutes les objections, contre-objections et autres passes d’armes de plus ou moins bonne foi avec votre futur interlocuteur, commencez par fixer deux chiffres très simples.

Le premier est votre objectif maximum de négociation. Quel niveau de salaire souhaitez-vous atteindre au cours de la négociation ? Il s’agit du montant maximum de rémunération que vous allez tenter d’obtenir, et qui peut être raisonnablement ambitieux. En d’autres mots, si vous obtenez ce salaire, vous serez très heureux.

Le deuxième chiffre est votre salaire plancher. Comme vous l’avez sans doute compris, il s’agit du montant minimum, celui au-dessous duquel vous n’accepterez pas le poste. Vous devez obligatoirement faire l’effort de fixer ce salaire plancher avant le début de la négociation.
En effet, il est très facile de perdre ses repères au cours d’une négociation, et, s’il est habile, votre interlocuteur pourra vous persuader après quelques échanges d’accepter un chiffre que vous auriez refusé la tête froide.
Par ailleurs, fixer un salaire plancher contribuera à vous donner confiance au cours de la négociation : quoi qu’il arrive, vous savez que vous ne dépasserez pas ce montant, même si votre interlocuteur tente de vous en persuader. C’est une carte que vous garderez cachée le plus longtemps possible, et que vous ne dévoilerez que dans le cas où la négociation descend trop bas.

Trouvez les offres d'emploi adaptées à votre profil


Comment fixer vos objectifs de salaire ?

Si vous êtes déjà en poste, dans la majorité des cas, la base de la négociation sera votre salaire actuel. Dans ce cas, votre interlocuteur ne sera pas étonné de vous voir demander une hausse par rapport à votre rémunération actuelle. Attention toutefois, il vous faudra disposer de sérieux arguments pour demander une hausse de plus de 30% par rapport à ce que vous gagnez aujourd’hui.

Si vous êtes demandeur d’emploi, vous pouvez également partir sur la base de votre dernière rémunération. Il vous sera peut-être plus compliqué de demander une hausse conséquente car vous aurez moins de leviers dans la négociation, sauf si vous pouvez faire valoir une autre proposition d’embauche plus attractive.
Si vous êtes jeune diplômé, basez-vous sur les salaires qu’ont obtenus vos camarades de promotion ou les diplômés des années précédentes.
La tentation peut être grande, à ce moment de la négociation, d’exagérer vos revenus actuels dans le but de partir sur une base plus élevée. Il serait dangereux d’y céder. En effet, la majorité des entreprises vous demanderont des copies de vos fiches de paie actuelles pour justifier vos prétentions, et ceci peut se faire au dernier moment dans le processus, y compris après la négociation salariale. Sachez par exemple que tous les cabinets de recrutements sérieux ont recours à cette pratique.

En revanche, vous pouvez parfaitement valoriser l’ensemble des composantes de votre rémunération qui n’entrent pas directement dans votre salaire. Par exemple, si votre entreprise propose une participation ou un intéressement, mentionnez-les ; dans certaines sociétés les montants peuvent être équivalents à plusieurs mois de salaire.
Idem pour les primes, et les avantages en nature (voiture de fonction, comité d’entreprise…). Bien entendu, les RTT et jours d’ancienneté doivent faire partie du package ; il s’agit d’une autre forme de rémunération, mais qui peut être tout aussi sonnante et trébuchante ; vous vous en rendrez compte avec bonheur en touchant votre solde de tout compte.

Enfin, il est important de savoir où vous vous positionnez dans le marché de l’emploi. Il se peut que vous soyez sous-payé(e) par rapport à vos équivalents dans d’autres entreprises ; ou bien que vous soyez dépositionné(e) à la hausse, ce qui peut arriver si vous avez eu des augmentations régulières dans votre société actuelle. Dans tous les cas, renseignez-vous pour savoir à quoi vous attendre.

Comment mener la discussion ?

Le plus souvent, la négociation sur le salaire aura lieu en fin de processus de recrutement, potentiellement après plusieurs entretiens. Néanmoins, le recruteur pourra vous demander d’évaluer vos prétentions salariales dès le début du processus pour éviter de perdre du temps en discussions si l’écart est trop important entre ce que vous souhaitez et ce qu’il est prêt à proposer. Soyez donc prêt(e) à répondre dès le début.

Vous pouvez également prendre les devants et laisser entendre vos objectifs au cours des premiers échanges, en particulier si vous souhaitez obtenir une revalorisation importante. La question de votre motivation pour prendre le poste viendra à coup sûr pendant les entretiens ; n’hésitez pas à ce moment à dire que vous souhaitez changer de poste pour augmenter significativement votre rémunération. Bien entendu, ce ne doit pas être votre seule motivation, mais le recruteur se préparera mentalement à vous faire une proposition dans sa fourchette haute.

Enfin, lorsque la fameuse question vous est posée, répondez-y directement. « Je cherche une rémunération aux alentours de X€. » Ne commencez pas à justifier vos prétentions ; qui s’excuse s’accuse… et vous aurez tout le temps de présenter vos arguments si le recruteur vous explique que vos objectifs sont trop élevés. Vous pouvez afficher une prétention initiale légèrement supérieure à votre premier objectif préparé, afin de disposer d’une marge de négociation ; attention toutefois à ne pas paraître opportuniste ou déraisonnable, car vous bloqueriez définitivement la discussion.
Si vous avez des propositions alternatives, vous pouvez les mentionner mais il ne faut pas être perçu comme un maquignon qui fait monter les enchères… Faites preuve de tact. Et n’allez pas inventer des propositions farfelues : les recruteurs connaissent bien leur marché, et sauront détecter les histoires trop belles pour être vraies.
En somme, une attitude assertive, sure de soi et constructive sera votre meilleur atout.

Il existe un autre cas ; celui où votre interlocuteur vous fait une proposition directement, sans vous demander de vous positionner. La plupart du temps, cette proposition sera présentée comme non négociable. Cela ne doit pas vous empêcher de faire une contre-proposition, en particulier si le salaire proposé est inférieur à votre objectif plancher.
Par exemple : « Je vous remercie de votre proposition. J’ai bien compris que vous la présentez comme non négociable, cependant elle ne correspond pas à mes objectifs de salaire minimums, qui sont de X€. Pensez-vous que nous puissions trouver un terrain d’entente plus conforme à mes souhaits ? »


Mettez-vous à la place du recruteur

Le dernier conseil que vous devez garder en tête est de prendre en compte les motivations de la personne avec qui vous négociez. Il s’agit là aussi d’un principe de base de négociation. Beaucoup de candidats partent avec l’idée en tête que le recruteur va vouloir à tout prix négocier un salaire aussi bas que possible, mais dans de nombreux cas, c’est loin de la vérité !
L’objectif du recruteur, c’est avant tout d’intégrer un nouveau collaborateur de qualité à son équipe. Bien souvent, sa priorité sera de faire en sorte que la personne s’inscrive sur le long terme au sein de son entreprise, et cela passe par une situation salariale acceptable.

En d’autres termes, votre future entreprise n’a pas intérêt à ce que vous soyez insatisfait(e) de votre salaire, sinon vous diffuserez une mauvaise ambiance au travail, ou vous partirez. Gardez cet élément en tête, et vous aurez une assurance supplémentaire de bien négocier votre salaire !

Derniers articles "Salaire et rémunération"

Salaire moyen en France en 2026 : tous les chiffres par métier, secteur et région

23 Avril 2026

SMIC 2026 : montant net, brut, horaire et mensuel

30 Août 2025
SMIC 2026 : montants, revalorisations et cas particuliers

Heures supplémentaires : le point sur leur fonctionnement et leur paiement

24 Août 2025
Lorsque l'on travaille au-delà de la durée légale hebdomadaire, chaque heure additionnelle est considérée comme une heure supplémentaire. Vous vous demandez quelles sont les compensations liées à ces heures supplémentaires, qui peut en bénéficier et comment elles sont rémunérées ? Découvrez notre dossier complet sur ce que dit la loi sur les heures supplémentaires.

Rémunération stage 2025 : tout ce qu’il faut savoir

14 Août 2025
Rémunération stage 2025 : montant minimum, calcul, secteurs les plus attractifs et droits des étudiants. Découvrez les règles à connaître.

Plus que des chiffres : pourquoi vous devriez négocier votre salaire

24 Juin 2025
La négociation salariale est souvent perçue comme une étape délicate du processus d'embauche, mais elle revêt une importance cruciale pour votre bien-être financier et professionnel. Au-delà des chiffres, elle représente un moyen de valoriser votre contribution et de bâtir votre avenir professionnel.

Dernières actualités ensoleillées

ArianeGroup a une ambition : 23 % de femmes d’ici 2030

18 Octobre 2026

Et si votre place était dans l’industrie spatiale ? Les métiers de l’industrie spatiale sont bien plus nombreux qu’on ne l’imagine, et les parcours sont tout aussi variés. Ingénieures, techniciennes, opératrices de production, cheffes de projet, juristes, expertes en cybersécurité… Chez ArianeGroup, qui conçoit aussi bien des lanceurs spatiaux que des systèmes de défense, les femmes occupent déjà tous les métiers de l’entreprise.

Votre salaire est-il dans la moyenne ? Ce que révèle le Baromètre des salaires Cadres 2026.

14 Octobre 2026

Vous avez obtenu une augmentation cette année et vous vous demandez si elle correspond à la tendance du marché ? Ou vous préparez une mobilité professionnelle et souhaitez savoir comment situer votre rémunération ? Le Baromètre des salaires Randstad professional apporte quelques éléments de réponse.

Zillennial au travail : la génération qui a connu le bureau avant le télétravail - et ce que ça change

13 Octobre 2026

Né entre 1993 et 1998, trop jeune pour se reconnaître dans les Millennials, trop âgé pour se retrouver dans les portraits de la génération Z : c'est la définition du « Zillennial » popularisée par un article de 20 Minutes publié le 11 octobre 2026. Mais au travail, cette tranche d'âge n'explique pas grand-chose à elle seule. Ce qui distingue vraiment cette génération, c'est un détail de parcours professionnel plus précis qu'une date de naissance.

Comment reconnaître une fausse offre d'alternance avant de signer (rentrée 2026)

08 Octobre 2026

Trouver une entreprise d'accueil avant la date limite fixée par son CFA, répondre vite à un recruteur qui semble intéressé, ne pas laisser passer « la » bonne opportunité : la recherche d'alternance à la rentrée est déjà une course contre le temps. Un contexte que des faux recruteurs et de fausses offres exploitent directement, comme le montre une enquête de L'Étudiant publiée le 6 octobre 2026, qui recueille plusieurs témoignages d'étudiants démarchés ces dernières semaines.

Indemnisation arrêt maladie longue durée 2026 : ce qui change vraiment au 15 octobre (et pour qui)

06 Octobre 2026

Deux décrets publiés au Journal officiel le 18 septembre 2026 (décret n° 2026-866 et décret n° 2026-867, tous deux datés du 16 septembre 2026) réduisent la durée maximale de versement des indemnités journalières (IJ) pour certains arrêts de travail de longue durée. Pour les affections longue durée (ALD) qui ne donnent pas droit à la prise en charge à 100 % des soins, cette durée passe de 3 ans à 1 an à compter du 15 octobre 2026. Pour les ALD exonérantes à 100 %, elle reste à 3 ans.