La désillusion de la nouvelle génération en entreprise

Mis à jour le 14 Juin 2022

julien.estephan

"Je n'ai aucun espoir pour l'avenir de notre pays, si la jeunesse d'aujourd'hui prend le commandement demain. Parce que cette jeunesse est insupportable, sans retenue, simplement terrible." Voici ce que disait déjà Hésiode en 720 avant notre ère. Le choc des générations n’est pas une chose nouvelle. Les gens d’âge mûr ont souvent manifesté de l’incompréhension, du mépris, voire de la peur, à l’égard des générations qui les ont suivis. Une fois cette prise de recul salutaire effectuée, il est tout de même évident de constater le fossé qui sépare aujourd’hui les générations dites des « Baby Boomers » et « Génération X » de celle des « Millenials », et qui prend une envergure considérable au sein de l’entreprise.

Certains comportements typiques des Millenials – les jeunes actifs nés après 1985 – sont très pénalisants pour leur évolution dans l’entreprise d’aujourd’hui, dont le modèle a été créé par les Baby Boomers. Plusieurs facteurs expliquent la nécessité constante de reconnaissance, les démissions impulsives, l’incapacité à se concentrer longtemps sur des sujets complexes si caractéristiques des jeunes générations ; il est important de les comprendre.

Une génération qui vit dans l’instant.

Tout d’abord, il est beaucoup plus difficile de se projeter vers l’avenir pour un jeune d’aujourd’hui que pour ses parents lorsqu’ils avaient son âge. En moyenne, un jeune va connaître plus d’un emploi différent par an au cours des 10 premières années de sa vie professionnelle. La flambée du coût de la vie sédentaire, en particulier le coût exorbitant du logement et la difficulté d’accès au crédit, font que les Millenials ont du mal à planifier leur vie sur le long terme, alors que paradoxalement le voyage, même à l’autre bout de la planète, devient accessible au plus grand nombre, grâce aux vols low cost, à Airbnb et au Couchsurfing. La période où un jeune adulte entrait dans une entreprise « pour la vie » et investissait à 25 ans dans la maison où il élèverait plus tard ses enfants et prendrait sa retraite n’est pas si éloignée ; pourtant elle semble irrémédiablement résolue. Rares sont les jeunes aujourd’hui qui peuvent planifier leur vie professionnelle et personnelle au-delà des 6 prochains mois.

La difficulté à se projeter dans l’avenir s’explique aussi par l’environnement global, et l’histoire récente. Le passé vu par un Baby Boomer, c’est la guerre et les privations d’après-guerre ; le futur est synonyme d’améliorations de la qualité de vie grâce aux progrès technologiques. La perception a complètement changé pour les générations actuelles pour qui 1945 est proche de la préhistoire et l’avenir rempli d’incertitudes.

L’impact d’Internet mobile et des réseaux sociaux

Par ailleurs, il faut reconnaître que les générations actuelles sont fortement influencées par l’environnement technologique dans lequel elles évoluent : celui de la sollicitation permanente et de la satisfaction instantanée. Pourquoi s’acharner dans le travail pour un résultat incertain alors que moins de 10 minutes passées devant un jeu vidéo vont offrir plusieurs instants de satisfaction jubilatoire ? Pourquoi s’acharner à effectuer des recherches complexes alors que la réponse à une majorité de questions est accessible en moins d’une seconde sur Google ? Le flux constant d’informations issues des réseaux sociaux, chacune très simple, courte, et parfois incitant à la réaction immédiate (la réponse au snap, le retweet, le like…) handicape la capacité de concentration. Le fait que ces informations soient en permanence immédiatement accessibles depuis un terminal mobile devenu doudou / totem / extension de la main droite amplifie fortement ce phénomène totalement nouveau.

Or, le travail en entreprise, s’il nécessite aujourd’hui une très forte réactivité, doit également s’appuyer sur des périodes d’effort constant et soutenu. Les vrais succès professionnels proviennent de la persévérance et de la concentration, deux compétences qui font souvent défaut aux Millenials. La baisse de la capacité de concentration, associée à un besoin de satisfaction (donc de reconnaissance) fréquent et important, incompris des générations plus anciennes, accentuent l’inadéquation des jeunes au sein d’une entreprise dans laquelle ils n’arrivent déjà pas à se projeter. Expérience d’autant plus frustrante que ces jeunes sont constamment alimentés d’exemples de réussite insolente de la part de leurs pairs footballeurs ou start-upers, si peu nombreux et à la fois tellement visibles. Les success stories de ces nouveaux héros des réseaux sociaux deviennent vite frustrantes voire déprimantes pour le Millenial lambda, alors qu’il est lui-même confronté à des manageurs formés dans les principes des générations précédentes, totalement inadaptés à ses angoisses et ses aspirations.

Le décalage entre les jeunes d’aujourd’hui et l’entreprise, construite par leurs aînés est donc profond. Pourtant, il ne convient pas de baisser les bras. De nouveaux modèles d’entreprises, adaptées aux besoins des Millenials, voient le jour. Nous pouvons faire confiance à cette génération pour changer ce modèle qui ne leur convient plus, et se réapproprier petit à petit l’univers professionnel.
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