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CDI, CDD ou intérim : le comparatif complet pour bien choisir son contrat de travail

Mis à jour le 29 Avril 2026
fabienne.baschet
En France, il existe trois grands types de contrat de travail : le CDI (contrat à durée indéterminée), le CDD (contrat à durée déterminée) et le contrat d'intérim (travail temporaire). Le CDI est le contrat par défaut, sans date de fin. Le CDD est limité à 18 mois maximum (renouvellements inclus). L'intérim passe par une agence de travail temporaire (ETT) qui est l'employeur juridique du salarié. Chaque contrat offre des droits, une stabilité et une flexibilité très différents. Quel que soit le contrat, vos droits fondamentaux (SMIC, congés payés, protection sociale) sont identiques.
Ce guide, rédigé à partir du Code du travail en vigueur en 2026, détaille les différences concrètes entre ces trois contrats pour vous aider à choisir en connaissance de cause.
Tableau comparatif : CDI vs CDD vs intérim
| Critère | CDI | CDD | Intérim |
|---|---|---|---|
| Durée | Indéterminée | 18 mois max (renouvellements inclus) | 18 mois max (renouvellements inclus) |
| Employeur | L'entreprise | L'entreprise | L'agence d'intérim (ETT) |
| Période d'essai | 2 à 4 mois (selon statut) | 1 jour/semaine (max 1 mois) | 2 à 5 jours (selon durée) |
| Fin de contrat | Démission, licenciement ou rupture conv. | Arrivée du terme prévu | Fin de la mission |
| Rupture anticipée | Possible (préavis) | Très encadrée (faute grave, CDI, accord) | ETT peut remplacer le salarié |
| Prime de précarité / IFM | Aucune | 10 % du salaire brut total | 10 % (IFM) + 10 % (ICCP) |
| Accès au crédit immobilier | Facile (critère n°1 des banques) | Difficile | Très difficile |
| Congés payés | 2,5 j/mois travaillé | Idem ou ICCP 10 % | ICCP 10 % en fin de mission |
| Droit au chômage | Oui (licenciement/rupture conv.) | Oui (fin de contrat) | Oui (fin de mission) |
| Comptabilisé dans l'effectif | Oui | Oui | Au prorata du temps de présence |
| Flexibilité pour le salarié | Faible (préavis) | Moyenne | Élevée (missions variées) |
Source : Code du travail (L1221-2 CDI, L1242-1 CDD, L1251-1 intérim), Service-public.fr. Données à jour au 1er avril 2026.
Le CDI : stabilité et sécurité de l'emploi
Le CDI est le contrat de travail de droit commun en France. Quand un employeur vous embauche sans préciser la nature du contrat, le droit du travail considère automatiquement qu'il s'agit d'un CDI (article L1221-2 du Code du travail). C'est le contrat que les banques, les bailleurs et les administrations privilégient, car il offre une visibilité financière sur le long terme.
Les avantages du CDI
La stabilité est l'atout majeur. Pas de date de fin, ce qui facilite vos projets de vie : achat immobilier, location, demande de prêt. En cas de licenciement, vous bénéficiez d'indemnités légales (après 8 mois d'ancienneté) et d'un préavis. Le CDI donne accès à l'ensemble des dispositifs de formation (CPF, plan de développement des compétences) et aux avantages collectifs (intéressement, participation, mutuelle, CE). Depuis la loi d'avril 2024, même un arrêt maladie génère des droits à congés payés (2 jours par mois d'arrêt, jusqu'à 24 jours).
Les inconvénients du CDI
La contrepartie est une moindre flexibilité. Quitter un CDI suppose de démissionner (avec un préavis de 1 à 3 mois) ou de négocier une rupture conventionnelle. La démission ne donne en principe pas droit au chômage, sauf démission légitime (suivi de conjoint, non-paiement de salaires) ou projet de reconversion validé par une commission paritaire.
Pour qui le CDI est-il adapté ?
Le CDI convient aux personnes qui cherchent la sécurité de l'emploi, qui ont un projet immobilier ou familial, ou qui souhaitent évoluer au sein d'une même entreprise. C'est aussi le contrat à viser si vous souhaitez accéder à un prêt immobilier : les banques considèrent le CDI (hors période d'essai) comme la condition quasi indispensable à l'octroi d'un crédit.
Le CDD : un contrat encadré pour des besoins temporaires
Le CDD ne peut être conclu que pour un motif précis prévu par le Code du travail (article L1242-2) : remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier, ou contrat d'usage dans certains secteurs. Un employeur n'a pas le droit de recourir au CDD pour pourvoir durablement un poste lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise — sous peine de requalification en CDI.
Les avantages du CDD
Le principal avantage pour le salarié est la prime de précarité de 10 % du salaire brut total, versée à la fin du contrat (sauf embauche en CDI à la suite ou refus du salarié). Pendant la durée du CDD, vous bénéficiez des mêmes droits que les salariés en CDI : congés payés, mutuelle, formation, heures supplémentaires majorées. En fin de contrat, vous avez automatiquement droit au chômage.
Les inconvénients du CDD
La durée est limitée et la rupture anticipée très encadrée. Vous ne pouvez rompre un CDD avant son terme que dans des cas précis : accord mutuel, faute grave, embauche en CDI dans une autre entreprise, ou force majeure. Cette rigidité joue dans les deux sens. Un délai de carence s'applique avant de signer un nouveau CDD sur le même poste (1/3 de la durée du contrat précédent, ou la moitié si le contrat faisait moins de 14 jours). Enchaîner les CDD peut compliquer l'accès au logement et au crédit.
Requalification en CDI : quand le CDD devient illégal
Si l'employeur continue de vous faire travailler après la date de fin du CDD sans signer de nouveau contrat, le CDD est automatiquement requalifié en CDI. C'est également le cas si le motif de recours n'est pas conforme ou si les règles de renouvellement ne sont pas respectées. En cas de litige, le Conseil des prud'hommes est compétent.
L'intérim : flexibilité maximale et rémunération boostée
Le travail temporaire implique une relation tripartite : vous signez un contrat de mission avec une agence de travail temporaire (ETT), qui vous met à disposition d'une entreprise utilisatrice. L'ETT est votre employeur juridique : c'est elle qui vous paie, gère vos congés et vos cotisations. L'entreprise utilisatrice définit vos missions et vos conditions de travail.
Les avantages de l'intérim
L'intérim offre une rémunération souvent supérieure à court terme grâce au cumul de deux primes en fin de mission : l'indemnité de fin de mission (IFM) de 10 % du salaire brut et l'indemnité compensatrice de congés payés (ICCP) de 10 %. Concrètement, un intérimaire payé 2 000 € brut par mois reçoit environ 400 € de primes supplémentaires en fin de mission, soit +20 % sur le brut de base.
Le principe d'égalité de traitement s'applique : votre salaire de base doit être au moins égal à celui d'un salarié en CDI au même poste dans l'entreprise utilisatrice. L'intérim permet aussi de découvrir rapidement plusieurs entreprises et secteurs, ce qui est précieux en début de carrière ou en reconversion. Et si vos missions se déroulent bien, l'intérim peut déboucher sur une embauche en CDI : beaucoup d'entreprises utilisent l'intérim comme une période d'essai « longue ».
Les inconvénients de l'intérim
L'absence de stabilité est le principal inconvénient. Entre deux missions, vous pouvez connaître des périodes sans revenu. L'accès au crédit immobilier est très compliqué (les banques exigent généralement 12 à 24 mois de missions continues). En tant qu'intérimaire, vous n'accédez pas toujours aux mêmes avantages collectifs que les salariés permanents (intéressement, plan d'épargne entreprise), bien que l'accès aux équipements collectifs (transport, restauration, vestiaires) soit garanti.
Le CDI intérimaire : le meilleur des deux mondes ?
Depuis 2014, les ETT peuvent proposer un CDI intérimaire (CDII). Ce contrat sans date de fin vous garantit une rémunération minimale entre les missions (périodes d'intermission, assimilées à du temps de travail effectif pour les congés et l'ancienneté). En contrepartie, vous ne touchez pas d'IFM (prime de précarité) et vous devez rester disponible pour les missions proposées. Le CDII offre une stabilité supérieure à l'intérim classique tout en conservant la diversité des missions.
Comment choisir le bon contrat selon votre situation
| Votre situation | Contrat recommandé | Pourquoi |
|---|---|---|
| Projet immobilier / familial | CDI | Sésame pour le crédit et le logement |
| Début de carrière, explorer un secteur | CDD ou intérim | Expérience sans engagement long terme |
| Reconversion professionnelle | CDD ou intérim | Tester un nouveau domaine, tremplin vers CDI |
| Besoin de revenus rapides | Intérim | +20 % sur le brut (IFM + ICCP) |
| Stabilité + diversité de missions | CDI intérimaire (CDII) | Sécurité du CDI + variété de l'intérim |
| Étudiant / travailleur saisonnier | Intérim ou CDD saisonnier | Flexibilité maximale |
Un point essentiel à retenir : quel que soit le contrat, vos droits fondamentaux sont identiques. Le SMIC s'applique à tous (1 443 € nets en 2026), les congés payés sont de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, et la protection sociale (maladie, accident du travail, chômage) couvre l'ensemble des salariés sans distinction de contrat.
Ce que dit la loi en 2026 : les règles essentielles
Le CDD et l'intérim sont encadrés par le Code du travail pour éviter les abus. La durée maximale d'un CDD (renouvellements compris) est de 18 mois dans le cas général. Un CDD peut être renouvelé 2 fois maximum (sauf accord de branche). Le délai de carence entre deux CDD sur le même poste est égal au tiers de la durée du contrat précédent (ou à la moitié si le contrat faisait moins de 14 jours).
Pour l'intérim, les mêmes règles de durée maximale et de carence s'appliquent. En revanche, l'ETT peut avancer ou reporter le terme de la mission (1 jour pour 5 jours travaillés, ou 2 jours pour les missions de moins de 10 jours). Si l'entreprise utilisatrice souhaite garder l'intérimaire au-delà de la durée maximale, elle doit l'embaucher directement (en CDI ou en CDD).
Depuis la réforme de l'assurance chômage, les règles d'indemnisation sont identiques quel que soit le contrat : 6 mois de travail sur les 24 derniers mois pour ouvrir des droits. Un bonus-malus sur les cotisations patronales d'assurance chômage s'applique aux entreprises de plus de 11 salariés qui recourent excessivement aux contrats courts (CDD et intérim).
Questions fréquentes sur les types de contrat de travail
Un CDD peut-il se transformer en CDI ?
Oui. Si l'employeur continue de vous faire travailler après la fin du CDD, le contrat est automatiquement requalifié en CDI. Par ailleurs, de nombreuses entreprises proposent un CDI à l'issue d'un CDD réussi.
L'intérim donne-t-il droit au chômage ?
Oui. En fin de mission, vous êtes en situation de perte involontaire d'emploi, ce qui ouvre droit aux allocations chômage (sous réserve de remplir les conditions d'affiliation).
Quel contrat paie le mieux à court terme ?
L'intérim, grâce au cumul IFM (10 %) + ICCP (10 %), soit +20 % sur le salaire brut de base. Le CDD arrive en deuxième position avec la prime de précarité de 10 %. Le CDI offre une rémunération stable mais sans ces primes compensatoires.
Peut-on refuser un CDI après un CDD ou un intérim ?
Oui, mais depuis la réforme de l'assurance chômage, deux refus de CDI proposé à l'issue d'un CDD ou d'une mission d'intérim en 12 mois peuvent entraîner la perte du droit aux allocations chômage. L'employeur doit désormais informer France Travail en cas de refus du salarié.
Un intérimaire a-t-il les mêmes droits qu'un salarié en CDI ?
Pendant sa mission, oui pour l'essentiel : même salaire de base, mêmes horaires, mêmes conditions de travail, accès aux équipements collectifs. En revanche, il n'accède pas toujours aux avantages collectifs (intéressement, PEE) sauf si la convention collective de l'ETT le prévoit.