La Météo de l'emploi : Transports, Logistique, Courrier
Partage d'expériences
QUESTIONS A Bernard PROLONGEAU,
Président délégué du Groupe AFT-IFTIM (organisation professionnelle spécialisée dans la formation aux métiers des transports et de la logistique).
Meteojob
Le secteur du transport et de la logistique est un secteur très porteur. Comment expliquez-vous ce déficit de candidats ?
Bernard PROLONGEAU
Le secteur manque d’attractivité. Ses métiers ne sont pas forcément bien connus et ne se résument pas au seul transport routier même si, en France, le transport par la route est utilisé dans 80% des cas. Le camion n’a pas bonne presse et on peut penser que la fonction n’attire pas le jeune candidat. Mais vous savez, le domaine du transport, c’est aussi la logistique. Aujourd’hui, les caristes, magasiniers ou préparateurs de commandes font partie des profils les plus recherchés et, dans les années qui viennent, on aura besoin d’encore plus de personnes pour encadrer toutes ces activités. En région Centre par exemple, il y a des zones géographiques propres au secteur qui se créent, et beaucoup d’entrepôts d’entreprises recherchent des manutentionnaires, sans résultat !
Meteojob
Que pourriez-vous faire ou que faites-vous déjà pour inciter les jeunes à vous rejoindre ?
Bernard PROLONGEAU
Nous sommes en contact étroit avec les pouvoirs publics, les ministères des transports, de l’éducation nationale, du travail, de la formation professionnelle, de la défense, etc. Mais aussi avec l’ANPE, l’ONISEP, l’AFPA, les collectivités territoriales et les services décentralisés de l’Etat. Nous formons chaque année 80 000 personnes parmi lesquelles 15 000 jeunes. Nous sommes « très terrain » et réfléchissons à des opérations plus médiatiques pour donner encore plus de punch à nos actions.
Meteojob
Les métiers du transport et de la logistique sont très variés. De façon générale, quelles sont pour vous les qualités essentielles que doit posséder un jeune qui souhaite intégrer le secteur ?
Bernard PROLONGEAU
La première des qualités, c’est la motivation. Ce n’est pas uniquement lié au secteur des transports, c’est valable pour tous les métiers. Il faut être réactif, dynamique et surtout, savoir parler couramment l’anglais. C’est un secteur extrêmement ouvert sur le monde, accessible sans formation très lourde, je reconnais que cet argument peut être séduisant pour les jeunes.
ZOOM SUR L'intérim.
Un chauffeur pour une livraison express ou un manutentionnaire pour charger ou décharger des poids lourds. L’intérim représente environ 4% de l’emploi du secteur.
Pas besoin de qualification particulière pour trouver une mission, il faut être réactif et rigoureux. Pendant les périodes de vacances, les étudiants ne doivent pas hésiter à taper aux portes des agences.
Coursier, préparateur de commande ou agents d’expédition, de nombreuses opportunités sont à saisir et elles sont faciles à valoriser sur un CV ! L’intérim a fortement progressé ces dernières années dans le secteur du transport et de la logistique. Plus de 70% des entreprises interrogées en 2004 déclarent y recourir essentiellement pour des opérations de manutention, de conduite d’engins et de tâches d’emballage. (Source : AFT-IFTIM)
TEMOIGNAGES
Sophie, 27 ans, conductrice de poids lourd
« Rien ne me destinait à ce métier. J’étais étudiante en lettres modernes mais j’avais une grosse envie d’être indépendante et de gagner de l’argent. Alors, j’ai intégré un CAP coiffure mais sans grande motivation et je suis finalement retournée à l’université. Un jour, j’ai eu un gros déclic ! J’ai vu arriver une femme, pas plus grosse et pas plus grande que moi, au volant d’un poids lourd pour un chargement, j’étais bluffée ! A cet instant, je savais ce que j’allais faire de ma vie. J’ai arrêté l’université, j’ai intégré un CAP et j’ai passé en même temps mon permis poids lourd. J’ai commencé dans la profession par l’intérim, deux jours plus tard, j’étais embauchée par un transporteur. C’est vrai que je n’étais pas très crédible physiquement mais mon employeur ne trouvait personne. Et puis j’ai fait mes preuves.
Choisir ce métier, c’est faire un choix de vie de A à Z. Il faut être passionné, accepter les contraintes : les horaires à rallonge et l’éloignement. Il faut avoir un sens du contact, être indépendant et très rigoureux. On arrive souvent à ce métier de chauffeur par des chemins détournés. J’ai 27 ans et des jeunes, je n’en voit pas beaucoup dans la profession, pourtant, c’est pas les recruteurs qui manquent ! Voyez mon cas, j’ai mis deux jours pour trouver un boulot ! »
