La Météo de l'emploi : Santé

Partage d'expériences

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QUESTIONS A Jeanne LAUROUA
Directrice de soins à l’hôpital Bretonneau, à Paris.
Sante
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Eprouvez-vous des difficultés à recruter ? Quel profil et pour quelles raisons selon vous ?

Jeanne LAUROUA

Nous manquons d’infirmières, d’infirmières anesthésistes, de rééducateurs, de kinésithérapeutes, de médecins spécialistes. Les besoins se font ressentir à tous les niveaux. En région parisienne, je dirais que la problématique se situe essentiellement au niveau du logement. Les loyers sont chers. Je pense qu’il est plus facile de trouver des infirmières en province. L’attractivité de l’établissement entre aussi en ligne de compte. Les établissements à forte notoriété attirent les jeunes candidats. Nous recrutons les infirmières dans les écoles bien sûr mais aussi dans les revues professionnelles.

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Il faut entre cinq à onze ans d’études pour former un médecin. Le parcours est long et difficile, n’y a-t-il pas une appréhension du candidat potentiel ?

Jeanne LAUROUA

je n’envisage pas ce métier sans responsabilités. La vie humaine est ainsi précieuse qu’elle nécessite un maximum de connaissances. Nous avons une responsabilité vis à vis de nos patients. Regardez les médecins libéraux, c’est en leur nom propre qu’ils agissent, leur responsabilité personnelle n’est pas à exclure.

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Comment voyez-vous le secteur de la santé dans les années à venir ?

Jeanne LAUROUA

nous nous dirigeons de plus en plus vers la rationalisation des soins et la diminution de la durée de séjour des patients. Nous soignerons de plus en plus à domicile, avec de nouvelles pratiques de travail. Cela va créer d’une part de nouveaux emplois plus spécialisés et d’autre part, des problématiques d’adaptation et d’organisation du temps de travail vont apparaître.
Ceci dit, nous aurons toujours besoin d’infirmières. C’est un poste clé dans l’organisation des soins. Tout le monde peut se former, la formation nous donne des outils. Vous savez, je ne crois pas à la vocation. La vocation, ce n’est pas très professionnalisant.Il y a des gens qui rentrent « par hasard » dans le secteur et qui deviennent de grands professionnels ! L’ouverture d’esprit et la sociabilité, tout le monde peut avoir ces qualités.

ZOOM SUR Les métiers paramédicaux.
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Ils se structurent en trois grands groupes :


les professions de soins
aide-soignant, auxiliaire de puériculture, infirmier anesthésiste, infirmier de bloc...


les professions de rééducation
diététicien, masseur-kinésithérapeute, orthoptiste, pédicure-podologue...


les professions médico-techniques
opticien, audioprothésiste, technicien de laboratoire d’analyses, ambulancier...

Aujourd’hui, un français sur cinq a plus de 70 ans. En 2020, un quart de la population dépassera les 60 ans. Dans le domaine médical comme dans celui du paramédical, on peut se préparer à toutes les demandes en matière de soins liés au vieillissement de la population. Et certaines fonctions considérées comme peu qualifiées (aide-soignant ou auxiliaire de puériculture) vont être amenées à se développer dans les années à venir.

TEMOIGNAGES
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Alice, 21 ans, en 3ème année de l’Ecole de Médecine à Paris

« Le secteur de la santé allie pour moi deux paramètres essentiels qui sont l’élément social et l’élément scientifique. Je veux être médecin mais je ne sais pas encore quelle spécialité intégrer. Pour l’instant, je me dirige vers la pédiatrie mais cela peut changer, mon avis peut s’affiner en fonction des stages et de l’expérience vécue en hôpital.
A l’école de médecine, le concours de première année est très restrictif. C’est beaucoup de travail, beaucoup de fatigue, il faut de la passion et s’accrocher ! Deux mille pages de cours à apprendre par cœur, ça ne s’invente pas ! Il faut connaître tous les termes spécialisés, il faut être très précis, appliqué et très organisé dans la gestion de son temps. Il faut se montrer curieux et ne jamais se démotiver. Il faut toujours se raccrocher à l’idée qu’au bout de ce long parcours, il y a le métier que l’on veut faire et que je trouve très beau ».