La Météo de l'emploi : Hôtellerie, Restauration, Tourisme, Loisirs
Partage d'expériences
QUESTIONS A Franck VEILLAT ,
Responsable du Service Recrutement sur les métiers opérationnels à Disneyland Paris.
Meteojob
On sait que les métiers de l’hôtellerie/restauration sont très porteurs, mais ils manquent de bras. A quoi sont dues selon vous ces difficultés à recruter ?
Franck VEILLAT
Probablement l’image ingrate de ce métier, jugé, et à juste titre parfois, difficile et fatiguant. Nous avons de plus en plus de mal à trouver des gens motivés. A Disneyland Paris, nous avons pourtant recruté 7 500 personnes l’année dernière. Et nous recruterons certainement plus en 2008.
Meteojob
Quels sont les postes les plus prisés par les jeunes ? Et quels sont les métiers qui recrute le plus ?
Franck VEILLAT
En règle générale, tous les postes liés aux attractions au sein du parc attirent les candidats. Mais c’est dans la restauration que les besoins sont les plus criants. Ce qui nous permet d’attirer les candidats, c’est notre image forte. Le produit Disney a toujours été présent au moins une fois quelque part dans la vie de chacun d’entre nous !
Meteojob
Quelles sont pour vous les qualités indispensables pour postuler chez Disneyland ?
Franck VEILLAT
Sur l’ensemble des métiers (vente, service, accueil, restauration ou hôtellerie), le socle de base, c’est le sens du service, l’envie d’échanger, l’ouverture d’esprit. Plus généralement, le sens de la communication. La connaissance de l’anglais est aussi un critère d’embauche incontournable. Je demande toujours une 2ème langue européenne sur un site où toutes les nationalités sont représentées. Enfin, je dirais que pour les métiers de base, animateur d’attraction par exemple, nous n’avons pas d’exigence en matière de formation pourvu que la personne soit motivée car au sein de notre groupe, nous proposons des formations.
ZOOM SUR La passion avant tout.
L’hôtellerie – restauration fait partie de ces secteurs où la passion est indispensable car si la profession revêt de nombreux avantages, les conditions de travail peuvent freiner certains candidats…Ses points forts incontestables sont les suivants :
quelque soit l’expérience ou le niveau de formation, les possibilités de s’installer à son compte sont largement ouvertes.
La formation « sur le tas » existe toujours : un quart des cuisiniers n’ont aucun diplôme ou juste le BEPC.
La rémunération comprend souvent des avantages en nature (repas/logement) et des pourboires qui peuvent être très élevés en fonction des établissements.
Les aléas du métier concernent évidemment les horaires décalés de jour ou de nuit avec un travail qui reste souvent fatiguant physiquement. Les dimanches et les jours fériés sont ouvrés sauf pour le personnel de cantines scolaires et restaurants d’entreprises. On y travaille en moyenne 40 heures par semaine pour un salaire mensuel moyen de 1 220 euros.
TEMOIGNAGES
Léopoldo Betesh, 17 ans, Apprenti Commis de cuisine.
Elève à l’Ecole des Métiers de la Table à Paris, il passe 2 semaines à l’école et 2 semaines en entreprise à « l’Atelier Berger » à Paris 1er.
La cuisine française m’a toujours attiré. J’ai aussi choisi cette voie parce qu’elle me permettait d’allier la théorie à la pratique. Je passe deux semaines de mon temps en entreprise, les deux semaines suivantes à l’école. Ce métier me permet de transmettre des valeurs. En préparant mes plats, j’ai l’impression de communiquer mes idéaux aux personnes que je sers. Je ne pense pas que ce métier soit plus difficile qu’un autre. Il est vrai que l’attente du consommateur est grande et qu’il faut répondre à une certaine exigence. Mais j’ai choisi ce métier par passion et j’en accepte toutes les contraintes.
L’imprévu par exemple, un restaurant peut être complet sans que l’on s’y attende, et là , c’est le « coup de feu » ou l’inverse. C’est évidemment facteur de stress. C’est un métier qui demande de l’organisation et de la rigueur. Il faut aussi avoir une bonne mémoire et être impeccable car nous sommes soumis à des règles sanitaires très strictes. Pour faire ce métier, il faut être passionné et travailler. Un jeune qui ne l’est pas, ça se voit tout de suite ! Les horaires sont contraignants, passer huit heures debout tous les jours, ce n’est pas facile, et quand on termine son service à 15 heures, on sait qu’il faudra revenir pour le service du soir..
Comment je vois ma vie dans les années à venir ? Je vais déjà passer mon bac pro. L’idéal ensuite serait de travailler dans un grand restaurant et pourquoi pas de monter ma boîte.
