La Météo de l'emploi : Environnement, Eau, Energie

Partage d'expériences

QUESTIONS A Cyril Château ,
Chargé de Projet du réseau TEE (territoires, environnement, emplois), dédié aux métiers de l’environnement.
Environnement, Eau et Energie
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De façon générale, avez-vous des perspectives sur le recrutement dans le secteur de l’environnement ?

Cyril CHÂTEAU

Depuis le Grenelle de l’Environnement, nous disposons d’une petite vision sur l’énergie. D’ici à 2020, il y a une potentialité de 200 000 emplois. Ces emplois, que l’on peut considérer en marge de l’environnement, seront directement rattachés au transport et au bâtiment dans un souci de réduction de la consommation des énergies et des émissions polluantes. Et dans ces domaines, les professionnels de l’environnement se demandent comment ils vont pouvoir répondre à ces objectifs des premiers accords du Grenelle. Aujourd’hui déjà, plus de 50% des postes ne sont pas pourvus dans le domaine du bâtiment !

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Quels sont les profils les plus recherchés ?

Cyril CHÂTEAU

Les domaines de la gestion des eaux usées et des déchets représentent la moitié des emplois de l’environnement. Ces deux filières recrutent tous types de profils : des fontainiers, des égoutiers, des techniciens dans la gestion des eaux jusqu’au responsable de station d’épuration. Les plus gros besoins en terme d’emplois se trouvent dans les profils à basse qualification (CAP ou BEP). Dans le domaine énergétique en revanche, le secteur vise davantage les gros potentiels de niveau bac +2, comme les techniciens en installation ou en maintenance. Mais là encore, le secteur peine à trouver des candidats formés sur les énergies renouvelables. Aujourd’hui, les grands groupes forment en interne pour pouvoir répondre à la demande.

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Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite intégrer le secteur de l’environnement ?

Cyril CHÂTEAU

Il faut d’abord qu’il se pose la question essentielle : études longues ou études courtes ? La question ferme des portes et en ouvre d’autres. Les études longues se font en école d’ingénieurs ou à l’université et mènent à des postes comme ingénieur bien sûr mais aussi urbaniste ou paysagiste. Les filières plus courtes (CAP ou BEP agricole ou CAP en gestion des déchets) sont également très porteuses. Le métier de conducteur d’engin (balayeuse de nettoyage urbain, camion benne) par exemple manque cruellement de candidats. Dans tous les cas, ces métiers exigent une formation minimum. Avant, on pouvait accéder à certains emplois sans qualification particulière, ce n’est plus le cas aujourd’hui. A tous niveaux, les métiers de l’environnement imposent un minimum de connaissances et un intérêt pour l’environnement en général.

ZOOM SUR Les éco-industries, un marché créateur d’emplois...
Environnement, Eau et Energie

Qu’est-ce qu’une éco-industrie ? Une éco-industrie est une entreprise qui produit des biens et des services destinés à mesurer, prévenir, limiter, réduire et corriger les atteintes à la qualité de l’eau, de l’air et du sol (traitement des eaux usées, gestion des déchets…). Le secteur est dominé par de grands groupes internationaux (Veolia Environnement, Suez Environnement) structurés en une multitude de filiales. Les clients de ces éco-industries sont les industriels et les collectivités locales.

Quels sont les profils recrutés par les éco-industries ? Essentiellement des ingénieurs (responsable d’exploitation ou d’environnement, ingénieur études et travaux…). Dans ce domaine, le savoir-faire français s’exporte aussi à l’étranger, en Asie et en Europe de l’Est.

TEMOIGNAGES
Environnement, Eau et Energie
Sébastien, 32 ans, chef de centre, responsable d’une installation de déchets non dangereux, SITA (filiale du groupe Suez) à Lyon.

« Fini le temps où le paysan creusait un trou pour se débarrasser de ses déchets ! Aujourd’hui, c’est un métier ! Au quotidien, mon métier consiste à assurer le traitement des déchets industriels ordinaires (plastiques et autres résidus) et d’optimiser leur enfouissement dans un contexte réglementaire très stricte.
C’est un emploi qui m’offre des variétés de missions. Il me permet de faire de la géologie, d’aborder la chimie, et d’envisager les métiers du bâtiment. Je gère un centre de stockage en exploitation, mais je gère aussi des sites fermés sur lesquels on a un devoir de surveillance de trente ans, notamment au niveau de l’étanchéité des cuves et de la protection de la nappe phréatique. Dans l’environnement, il y a tout un panel de métiers très importants. La gestion des problématiques industrielles par exemple, ou comment se débarrasser de ses déchets en limitant les nuisances, est un secteur très porteur. Pour travailler dans l’environnement, il faut déjà être sensible à la question environnementale. Il faut un minimum de conviction. En ce sens, ma mission me permet d’apporter une pierre à l’édifice de cette grande entreprise qu’est la défense de notre environnement, c’est véritablement ce qui m’a poussé à choisir cette voie.
Ensuite, bien sûr, il faut avoir une formation technique. Un candidat qui a en poche un BEP en électromécanique va nous intéresser. Il va pouvoir travailler en réseau d’eau par exemple. Nous recrutons des CAP et des BEP motivés. Les jeunes recrutés peuvent ensuite profiter de formations qui vont du CAP au BAC +5 ».