La Météo de l'emploi : Education, Formation
Partage d'expériences
QUESTIONS A Martine GENG,
chef du CIO Supérieur (Centre d’Information et d’Orientation) de l’Académie de Paris.
Meteojob
Dans un climat où les instituteurs sont mécontents, les jeunes sont pourtant de plus en plus nombreux à se présenter aux concours de l’enseignement primaire et secondaire. A votre avis, pourquoi ?
Martine GENG
Je crois que, malgré tout, les métiers de l’enseignement sont synonymes d’emplois stables. La stabilité de l’emploi, c’est un argument majeur pour les jeunes et ça se comprend. Mais vous savez, enseignant, c’est un travail qui demande beaucoup d’investissement et une bonne base de connaissances. A ce sujet, je constate que le niveau des jeunes recrues monte sensiblement. Et c’est une bonne chose car les concours sont plus sélectifs. La vocation ne suffit pas, il faut travailler. Je constate aussi que les jeunes ont plus de facilité que nous n’en n’avions à parler de leur salaire, de stabilité de l’emploi. Ils sont mieux armés aujourd’hui qu’il y a quelques années. Ils sont également mieux informés.
Meteojob
Y a-t-il des besoins plus conséquents dans des disciplines en particulier ?
Martine GENG
Les langues européennes par exemple recrutent. Elles recrutent plus que les petits CAPES en éducation musicale où les candidats sont trop nombreux par rapport à l’offre de postes.
Meteojob
Quels conseils pourriez-vous donner à un jeune qui envisage de passer un des concours de l’éducation nationale ?
Martine GENG
En premier lieu, il faut vraiment qu’il se pose la question de savoir s’il veut enseigner. Enseigner, cela veut dire transmettre un savoir. On ne peut pas être l’enseignant d’une seule discipline. C’est un métier difficile et exigeant qui consiste à « élever » le niveau des élèves.
Quand un candidat décide de passer un des concours de l’éducation nationale, il faut qu’il sache qu’il s’engage dans un parcours du combattant. Les concours sont extrêmement sélectifs, il faut se préparer à cette idée de compétition. Une fois en poste, les candidats sont presque tous surpris. Ce qui est souvent plus difficile à gérer pour eux, c’est la liberté qu’ont les enfants de maintenant par rapport aux adultes. Chaque enseignant doit se situer par rapport à ses élèves, il doit trouver sa place. Enseigner, c’est une mission, une responsabilité, c’est à mon sens l’un des plus beaux métiers qui soit.
ZOOM SUR Enseigner à l’étranger...
Des centaines d’établissements français recrutent à l’étranger. Que ce soit à l’école, au collège ou au lycée, toutes les disciplines sont représentées. Il n’y a pas de grosses différences entre les attributions de ces enseignants expatriés et celles réservées à ceux qui sont restés sur le sol français. Qui peut postuler ? Après trois ans d’exercice dans la fonction, tout enseignant titulaire peut prétendre travailler à l’étranger. Les postes sont attribués sur plusieurs années et le contrat est renouvelable. La passerelle est aussi possible pour les non titulaires qui devront adresser leur candidature à l’établissement convoité.
TEMOIGNAGES
Sophie, 36 ans, professeur des écoles, Fontenay-Sous-Bois (94)
« J’ai débuté ma carrière par une licence d’arts plastiques, j’ai ensuite passé le CRPE (concours de recrutement de professeur des écoles). Après une année de formation, j’étais en poste ! Pour les T1 (titulaires de première année), il existe des postes réservés, des postes « plus faciles » dirons-nous, pour leur faciliter l’entrée dans ce métier. A part mes souvenirs d’école, je n’avais pas d’idée très précise sur ce métier d’enseignant. Je ne m’attendais pas, par exemple à avoir des classes aussi hétérogènes avec parfois des différences sociaux-culturelles conséquentes et des difficultés dans l’enseignement.
Pour être professeur des écoles, plusieurs qualités sont essentielles. La première est qu’il faut faire autorité dans sa classe, c’est essentiel. Il faut savoir se positionner par rapport à ses élèves, il faut être respecté, être à l’écoute et en même temps faire passer des contenus pédagogiques. Il faut être motivé et sûr de soi. Il faut aimer son métier, aimer transmettre son savoir. C’est aussi un métier qui demande énormément de patience. Il faut avoir un certain recul, il faut se considérer comme un pédagogue et ne pas prendre les choses pour soi. Il faut aussi être curieux et inventif. Enseigner, c’est aussi susciter la curiosité des élèves ».
