Nouvelle hausse du chômage en France en 2010
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Selon l'étude « Perspectives de l'emploi de l'OCDE* en 2009 », le taux de chômage pourrait atteindre 11% en 2010 si la reprise n'était pas au rendez-vous. Et ce, malgré les dispositifs en faveur de l'emploi mis en place. Les jeunes seraient les plus touchés par cette dégradation.
Ce n'est une nouvelle pour personne : le chômage a fortement progressé en France. Moins que dans plusieurs pays de l'OCDE mais tout de même... Depuis la fin 2007, le taux de chômage a augmenté de près de deux points de pourcentage, atteignant 9,8 % en juillet 2009 (le taux de chômage de la zone OCDE a progressé de 2,8 points de pourcentage, atteignant 8,5 %). Ainsi, plus de 600 000 personnes supplémentaires se sont retrouvées au chômage. Du jamais vu depuis l'après-guerre. Même si les indicateurs laissent envisager une reprise de l'activité, il faudra du temps pour que cela se traduise par une reprise de l'emploi.
Quelles sont les perspectives pour les jeunes ? Le taux de chômage des jeunes est un vrai problème pour la France. Il est très supérieur à celui de l'OCDE. Avec la crise, il a augmenté deux fois plus que le taux de chômage global. Au deuxième trimestre 2009, près d'un jeune actif sur quatre était au chômage (un actif sur dix pour l'ensemble de la population active). Pour y remédier, l'OCDE préconise de continuer à introduire des mesures en faveur de l'emploi des jeunes tels que les contrats d'apprentissage, tout en veillant à soutenir particulièrement les jeunes sans qualification. Il faudrait notamment encourager leur recrutement et leur formation pour éviter de les exclure durablement du marché du travail.
Quels sont les risques du chômage partiel ? L'OCDE salue les dispositifs de chômage partiel qui permettent d'éviter certains licenciements à court terme. Néanmoins, face à une baisse de l'activité prolongée et des difficultés d'accès au crédit sur le long terme, ces mesures sont moins efficaces, voir néfastes. En effet, elles risquent d'empêcher une réallocation de la main-d'oeuvre entre les entreprises en perte d'activité et celles qui se développent. Il faudrait donc veiller à subventionner les emplois d'avenir qui ne devraient pas disparaître. Et à limiter, dans le temps, le recours au chômage partiel.
Quelles sont les conséquences sociales de cette situation ? Contrairement à de nombreux pays de l'OCDE, la France devrait moins subir les conséquences sociales de la crise de l'emploi, notamment grâce à son système de redistribution. Le taux de pauvreté était, avant la crise, de 6,7 % (9% en moyenne dans la zone OCDE). Son système social permet de réduire des deux tiers le risque de pauvreté au sein de l'ensemble de la population en âge de travailler, et de plus de trois quarts, le taux de pauvreté parmi la population sans emploi.
Vers un risque de dépendance ? Néanmoins, le chômage en France risque de déboucher sur une situation prolongée de dépendance vis-à-vis du système de protection sociale. L'OCDE encourage donc la France à prendre des mesures afin de favoriser une réinsertion professionnelle rapide (lier les prestations à la recherche d'emploi et à la participation à des programmes de formation et d'aide au retour à l'emploi, Revenu de solidarité active).
*OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques
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